Gutland: The Dark Side of the Forks

Une semaine bien fournie en films venus d’horizons divers, d’où se détache pourtant une oeuvre luxembourgeoise de très grande qualité qui se focalise sur l’âme luxembourgeoise non-exempte de noirceur, puisque même un petit pays paisible comme le nôtre peut avoir plein de cadavres cachés dans ses placards. Govinda Van Maele ne va pas se faire que des amis avec son formidable GUTLAND, un Heimatfilm qui frappe trés fort à un endroit où cela fait très mal. Bien au-delà des éléments de thriller omniprésents dans ce film choral, c’est le Luxembourg lui-même et (certains de) ses habitants qui se retrouvent sous le scalpel d’un cinéaste qui n’a pas froid aux yeux! Un film qui remet l’expression “fanfare de village” à l’ordre du jour! Il suffit de lire entre les notes…       Jean-Pierre THILGES   

2989426Le film de la semaine: GUTLAND *****

Drame rural empoisonné; Réalisateur, scénariste: Govinda Van Maele; avec Frederick Lau, Vicky Krieps, Marco Lorenzini, Leo Folschette; Directeur/Photo: Narayan Van Maele; Musique: Mocke; Luxembourg/Belgique 2017, 107 minutes; Toronto Internaitonal Film Festival 2017; Max Ophüls Filmfestval 2018, Prix du Public LuxFilmFest 2018.

Schandelsmillen est un petit village pastoral perdu au fin fond du Grand-Duché de Luxembourg. C’est l’endroit où Jens, une petite frappe au passé nébuleux, espère trouver refuge après un coup qu’il a réalisé récemment avec ses complices. Au début, la population locale est plutôt réticente à l’accueillir, mais il finit par trouver du boulot chez un fermier bourru et se retrouve même dans les bras d’une jeune fille du coin. Mais ici, à la campagne luxembourgeoise, loin des palaces banquiers de la capitale, tout ce qui brille n’est pas or. Et les fosses de purin se mettent à puer…

The dark side of the forks/La face obscure des fourches…

GUTLAND compte parmi ce que le cinéma luxembourgeois a réalisé de plus pur et de plus viscéral à ce jour. Sans trop révéler de l’histoire qui est bien plus complexe et profonde qu’il n’y parait à première vue, ce film méchant voire empoisonné révèle la face cachée d’une âme luxembourgeoise parfois mesquine, dont la noirceur et la puanteur se révèlent ces jours-ci à travers les messageries sociales et une forme de xénophobie qu’on n’espérait jamais voir se propager dans notre pays. Personne n’est innocent dans ce “Heimatfilm”  qui fait très mal et qui fera jaser ceux qui ont décidé une fois pour toute qu’ils veulent rester ce qu’ils sont. Cinq étoiles amplement méritées pour Govinda Van Maele et son savant mélange entre acteurs professionnels et non-professionnels, dont certains font vraiment peur.

  • Good land doesn’t necessarily mean good people (…) A small town in the Luxembourg countryside hides some heinous secrets in Govinda Van Maele’s mystery thriller, Gutland. Though his striking feature debut can be a bit slow-moving, it fascinatingly blurs the line between fantasy and reality, from the eerie intro all the way through to a surprise finale that raises goosebumps. After its Toronto bow, the Stray Dogs release should find open doors at genre venues willing to give an offbeat, beautifully shot thriller a try. (Deborah Young/Hollywood Reporter) 

IMG_2169GRINGO

Comédie grinçante, film d’action; Réalisateur: Nash Edgerton; avec David Oyelowo, Joel Edgerton, Charlize Theron, Thandie Newton, Amanda Seyfried, Sharlto Copley; Scénaristes: Anthony Tambakis, Matthew Stone; Directeur/Photo: Eduard Grau; Musique: Christophe Beck; USA 2018, 110 minutes.

Harold Soyinka travaille pour un groupe pharmaceutique dirigé par Elaine Markinson et Richard Rusk. Lorsque ces derniers décident de se lancer dans le commerce lucratif du cannabis médical, ils envoient Harold au Mexique pour le lancement de leur nouvelle usine de production. Ignorant que la société qu’il représente a trahi un dangereux cartel local, l’employé modèle échappe de justesse à un enlèvement. Perdu au fin fond du Mexique, réalisant que ses patrons ont tout intérêt à le voir disparaitre, pourchassé par les tueurs du cartel et un mercenaire implacable, Harold ne peut compter que sur lui-même s’il veut rester en vie…

  • It’s a good thing Joel Edgerton and Charlize Theron are such likable actors to watch on screen, because the characters they play in “Gringo” are downright despicable. That’s the point in this nasty piece of work, which interrupts its darkly comic, south-of-the-border satire — rendered in the outrageous, ultra-colorful style of such Elmore Leonard adaptations as “Get Shorty” and “Jackie Brown” — long enough to ask the provocative question whether Mexico might do better building a wall that keeps Americans out. (…) As scripted by Anthony Tambakis (a co-writer on Joel Edgerton-starring “Warrior,” who’s been booking blockbuster work left and right of late) and Matthew Stone (whose last produced screenplay was 2008’s “Soul Men”), “Gringo” doesn’t show much confidence in the human race, and yet, such cynicism supplies a measure of unpredictability. When virtually every character is an unprincipled and/or conniving piece of work, audiences tend not to mind when they get kicked around and/or killed without a moment’s notice — and “Gringo” is the kind of movie that invites you to laugh when a character gets broadsided by a speeding car mid-monologue. (…) Theron hasn’t played someone this ruthlessly seductive since her 1996 debut “2 Days in the Valley,” and in more ways than one, “Gringo” actually feels as if it might have been conceived that long ago (Stone co-wrote “Destiny Turns on the Radio,” best know for starring Quentin Tarantino, back in the day, and it was probably his idea to have the ruthless local drug lord debate which of the Beatles’ albums is the all-time best). There’s an old-school, B-movie snap to much of the proceedings, which Nash Edgerton modernizes without imposing too flashy a style upon the material. It’s pulp, plain and simple, delivering on the chance to watch depraved characters navigate unseemly situations. (Peter Debruge/Variety)

IMG_2175MARIA BY CALLAS

Documentaire; Réalisateur: Tom Volf; avec Maria Callasds et la voix de Fanny Ardant; France 2017, 119 minutes.

Il y a deux personnes en moi, Maria et La Callas…”  Artiste en quête d’absolu devenue icône planétaire, femme amoureuse au destin hors du commun,  Maria by Callas est le récit d’une vie exceptionnelle à la première personne. Callas dévoile Maria, et révèle une personnalité aussi enflammée que vulnérable. Un moment d’intimité auprès d’une légende et toute l’émotion de cette voix unique au monde…

Avant 2013, Tom Volf ne savait pas qui était Maria Callas. Le metteur en scène l’a découverte par hasard, alors qu’il habitait à New-York et venait d’assister à une représentation de Maria Stuarda de Donizetti. Il se rappelle :  “Je ne connaissais rien à l’art lyrique mais cet opéra m’a donné envie d’en entendre davantage. En rentrant chez moi, j’ai surfé sur internet, cherchant d’autres interprétations de Donizetti et La Callas est sortie. Le choc a été si violent que j’ai passé la nuit à écouter tout son répertoire. J’ai à peu près lu tout ce qui avait été écrit sur elle et, très vite, j’ai rencontré les gens qui l’avaient connue. Mon intuition première était de redonner la parole et remettre La Callas au centre du récit de sa vie, dont la légende est truffée de contre-vérités. Elle a laissé l’image d’une diva capricieuse. C’est ridicule. Son tempérament impétueux souligne bien souvent l’exigence et la perfection d’un travail précis et rigoureux.” (Extrait du dossier de presse) 

  • Documentaire nourri d’images inédites, ce premier long-métrage donne une vision nouvelle et bouleversante de Maria Callas, l’icône et la femme, quarante ans après sa disparition. (Bande à part) Un documentaire vibrant d’amour, qui s’attache à révéler la femme derrière le mythe de la diva. De savoureuses archives composent ce travail classique, assez peu cinématographique, mais intéressant. (Les fiches du cinéma) Une compilation luxueuse à laquelle son auteur appose sa petite marque de fabrique en colorisant les images d’archives. Un complément fétichiste à l’hommage rendu à la star disparue il y a quarante ans, dont la voix reste immortelle. (Nouvel Observateur)  

IMG_2173RAZZIA

Drame; Réalisateur: Nabil Ayouch; avec Maryam Touzani, Arieh Worthalter, Abdelilah Rachid; Scénaristes: Nabil Ayouch, Maryam Touzani; Directeur/Photo: Virginie Surdej; Musique: Caroline Chaspoui, Eduardo Henriquez; France 2018, 119 minutes.

A Casablanca, entre le passé et le présent, cinq destinées sont reliées sans le savoir. Différents visages, différentes trajectoires, différentes luttes mais une même quête de liberté. Et le bruit d’une révolte qui monte….

Razzia se déroule à deux époques, au début des années 1980 et en 2015. La première période correspond au Maroc à une accélération des réformes de l’arabisation qui avaient démarré dans les années 60 et qui exprimaient alors une volonté du pays de réappropriation de son identité à travers la langue. En 1982, les trois pays du Maghreb ont connu une généralisation de l’arabe, qui s’est notamment faite par un enseignement pratique de l’arabe classique. Au Maroc, les humanités ont été supprimées du cursus universitaire. “(…) la philosophie et la sociologie ont disparu et, ainsi, il y a eu une forme d’anéantissement de l’esprit critique. On voit les dégâts que cela a pu produire trente ou trente-cinq ans plus tard avec la génération qui est issue de cette réforme”, explique le réalisateur.  Quant à l’année 2015, celui-ci poursuit : “Elle a été le goulot d’étranglement des contradictions d’une société qui, par essence, se trouve dans le paradoxe d’un conflit flagrant entre tradition et modernité. (…) L’interdiction très violente (et illégale) de Much Loved, assortie d’une vindicte populaire et de toute une série de manipulations, mais aussi, en même temps, un concert de Jennifer Lopez qui déclenche un tollé chez les islamistes, des homos qui se font lyncher, des filles qui portent une jupe et se retrouvent inculpées, jugées…” (Extrait du dossier de presse) 
  • Plus tendre, optimiste et électrique que ses précédents films, “Razzia” est une fresque riche de l’acuité et de l’humanité de Nabil Ayouch. (Ecran large) En combinant les parcours de plusieurs personnages à Casablanca, Nabil Ayouch établit une piquante topographie des troubles qui secouent le Maroc actuel, déchiré entre conservatisme et progressisme, et confirme qu’il est décidément un cinéaste à suivre. (Les fiches du cinéma) Maryam Touzani, qui a coécrit le film, donne à cette Marocaine sa beauté de tragédienne, mais aussi une douceur, une sensualité qui suggèrent une plénitude heureuse. Entre violence et apaisement, Nabil Ayouch la filme comme l’espoir retrouvé. Sa passion de cinéaste mais aussi de citoyen et d’homme soutient de bout en bout le film, son plus beau. (Télérama) 

IMG_2174UNE SAISON EN FRANCE

Drame; Réalisateur, scénariste: Mahamat-Saleh Haroun; avec Eric Ebouaney, Sandrine Bonnaire, Aalayana Lys;  Directeur/Photo: Mathieu Gombini; Musique: Wasis Diop: France 2018, 100 minutes.

Abbas, professeur de français, a fui la guerre en Centrafrique pour bâtir une nouvelle vie en France. En attendant d’obtenir le statut de réfugié, le quotidien d’Abbas s’organise : ses enfants sont scolarisés et il travaille sur un marché où il a rencontré Carole, sensible au courage de cet homme encore hanté par les fantômes du passé. Mais si le droit d’asile lui était refusé, qu’adviendrait-il d’Abbas et de sa famille déracinée ? Et de Carole, privée du foyer qu’elle a cru reconstruire ?

  • Une saison en France renoue avec ce mélange de tension sèche et d’impériale retenue qui infuse les plus beaux films de l’auteur. (Cahiers du Cinéma) Une saison en France renoue avec ce mélange de tension sèche et d’impériale retenue qui infuse les plus beaux films de l’auteur. (Les fiches du cinéma) Sobrement mis en scène et remarquablement interprété, un film qui, malgré ses maladresses, jette un regard hélas pertinent sur la situation des demandeurs d’asile, ici et maintenant. (Positif) Comme les autres films du réalisateur (notamment Un homme qui crie, 2010), Une saison en France émeut pour mieux inviter à la réflexion. Ici, le regard de Sandrine Bonnaire, qui joue l’amie d’Abbas, reflète admirablement le souci de l’autre, mais aussi une interrogation inquiète sur son sort incertain. (Télérama) 

IMG_2171BLUE aka DOLPHINS

Documentaire Disneynature; Réalisateurs: Keith Scholey, Alastair Fothergill; commentaire français dit par Cécile de France; USA 2018, 78 minutes

Une plongée au cœur de l’Océan pour découvrir, comprendre, aimer un monde encore mystérieux et surprenant. Un monde où la nature invente des couleurs, des formes et des sons merveilleux. L’Océan est unique, seuls les hommes le mettent au pluriel. Il est partout, recouvre plus de 70% de la Terre et donne à notre maison sa couleur et son nom: la planète bleue. Dans cet environnement somptueux et fragile, les dauphins seront nos guides pour partager cette grande histoire de l’Océan qui est celle de nos origines et notre avenir. Une histoire universelle qui résonne en chacun de nous…

  • Si l’on fait abstraction des clichés lénifiants et de la musique tonitruante, on peut s’abîmer dans des images proches de l’hallucination (ah ! la squille multicolore !) (Le Monde) Scénarisation, voix off et musique envahissantes ne ruinent pas tout à fait l’éclat tragique d’images vouées à révéler un monde au moment-même où celui s’éteint. (Les fiches du cinéma) Visuellement époustouflante (on doit au coréalisateur Alastair Fothergill « Un jour sur terre » ou « Chimpanzés »), cette plongée éducative fourmille d’idées et d’informations distillées par la voix tendre de Cécile de France. Un bain de jouvence. (Paris Match) 

IMG_2170I FEEL PRETTY

Comédie; Réalisateurs, scénaristes: Abby Kohn, Marc Silverstein; avec Amy Schumer, Michelle Williams, Rory Scovel, Emily Ratajkowski, Naomi Campbell, Lauren Hutton; Directeur/Photo: Florian Ballhaus; Musique: Michael Andrews; USA 2018, 97 minutes.

Renee Bennett, employée d’une compagnie de cosmétiques, souffre d’un manque d’estime de soi lié à son apparence. Après avoir subi un coup à la tête, elle se réveille persuadée que ses désirs ont été exaucés par magie et qu’elle est maintenant d’une beauté exceptionnelle. Sa nouvelle assurance transforme son quotidien professionnel et amoureux tout en rendant perplexes les gens de son entourage. Lorsque ses fausses perceptions s’estompent, Renee doute qu’elle puisse conserver sa vie de rêve…

  • Hanging with Amy Schumer – a genuine comedy rock star – is always fun, especially when she’s the lead writer on the movies and TV shows she appears in (hello, Trainwreck and Inside Amy Schumer). I Feel Pretty is not written by Schumer, though she reportedly had input – and the disconnect shows. The script is the handiwork of Abby Kohn and Marc Silverstein (How to Be Single, Never Been Kissed), who are also making a wobbly directorial debut that results in erratic pacing and a litany of mixed messages. Internet trolls have been coming down hard on the film since the first trailer broke, crying foul about the fat shaming that’s inherent in a plot about a voluptuous misfit trying to make it in a world where skinny calls the shots. The movie itself should dissipate the rancor a bit – it’s more harmless fluff than toxic agitprop. But still: Is it really OK to get off making plus-size jokes just because you tack on a moralizing ending that teaches a lesson about body positivity? Can you have it both ways? (Peter Travers/Rolling Stone) 

tadeo_jones_two_el_secreto_del_rey_midas

TAD, THE LOST EXPLORER AND THE SECRET OF KING MIDAS

Titre original: Tadeo Jones 2: El secreto del Rey Midas; Titre français: Tad et le secret du Roi midas; Animation numérique; Réalisateurs: Enrique Gato, David Alonso; Scénaristes: Gorka Magallón, Javier López Barreira, Jordi Gasull, Ignacio del Moral, Neil Landau; Espagne 2017, 86 minutes.

L’explorateur Tad Jones part à Las Vegas pour voir la dernière découverte de son amie Sara, intrépide et charmante archéologue : elle a trouvé l’un des trois anneaux d’or appartenant au collier du Roi Midas ! Selon la légende, le détenteur du collier a le pouvoir de transformer tout ce qu’il touche en or. Lors de la présentation au public, tout bascule : l’infâme Jack Rackham et sa bande volent le joyau et kidnappent Sara. Pour retrouver son amie, Tad se lance dans une folle aventure autour du globe, avec ses inséparables compagnons: La Momie, Belzoni le perroquet et son chien Jeff. Ils ne sont pas au bout de leurs surprises…

  • This deeply ropey and unoriginal film is a feature animation from Spain: a sequel to a little-noticed 2012 film called Tad the Lost Explorer. To audiences used to the high quality of movies from Pixar, Disney or DreamWorks in the animation marketplace, Euro knockoff product like this generally looks groanworthy. So it proves once again. As in the first film, this features a lovable construction worker called Tad who finds himself pursuing an archaeological mystery involving King Midas: he is dressed like Indiana Jones. Tad is in love with Sara Lavrof, the expert who made the discovery: she is dressed like Lara Croft. There is an almost unbearably unfunny “mummy” character – a wacky, bandaged figure risen from the dead to be their sidekick. It could be that this character’s intense unfunniness is a translation issue. But I doubt it. The storytelling, characterisation and animation are all mediocre. (Peter Bradshaw/The Guardian) 

IMG_2176

En avant-première: A QUIET PLACE

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

A WordPress.com Website.

Up ↑

%d bloggers like this: